Sur le rôle et le fonctionnement des agences de notation

16 janvier 2012 à 19:20
Commentaire (1)

J’ai eu l’occasion, sur ce blog, de relever que l’existence d’agences de notation était loin d’être, en soi, illégitime. Il est naturel que les créanciers puissent disposer d’informations sur les États ou les entreprises à qui ils prêtent leur argent.

La récente dégradation de la note de la France par l’une de ces agences incite toutefois à relativiser leur jugement.

La décision de Standard & Poor’s intervient, en effet, après les déclarations de l’agence Fitch, qui n’envisage pas d’abaisser la note de la France cette année, et juste avant celle, connue aujourd’hui, de Moody’s, qui confirme le triple A de notre pays, lui reconnaissant une « capacité suffisante pour absorber des chocs » et donnant crédit au Gouvernement d’avoir «démontré dans le passé sa capacité à faire passer des réformes controversée nécessaires pour limiter la dépense la publique et assurer la soutenabilité de sa dette» – la ministre du budget a d’ailleurs annoncé que le déficit budgétaire serait moindre que prévu.

Les investisseurs sont du reste conscients de la valeurs relative des jugements portés par les agences de notation, puisque l’Agence France Trésor, qui gère la dette de la France, a annoncé aujourd’hui avoir levé 8,590 milliards d’euros de bons du Trésor à des taux d’intérêt en baisse.

Au total, si les agences de notation jouent un rôle utile, il semble nécessaire de mieux encadrer leurs modalités de fonctionnement.

Il est, en effet, difficilement concevable que des agences, dont les décisions peuvent avoir un impact considérable sur le plan politique et financier, puissent échapper à toute responsabilité, quand bien même elles multiplieraient les erreurs de jugement. Qu’on se souvienne de l’annonce, en novembre dernier, de la dégradation de la note française ; de la notation AAA de la banque Lehman Brothers, deux jours avant sa faillite ; de la dégradation de la note américaine, alors que la réduction du déficit avait été sous-estimée de 2 000 milliards de dollars! Une décision imputable, déjà, à Standard & Poor’s.

C’est à l’Union européenne qu’il devrait revenir de mettre en place, dans les meilleurs délais, un encadrement des conditions d’exercice des agences de notation. Elle serait davantage dans son rôle – et plus utile – qu’en réglementant la taille des cages des poules pondeuses…

1 commentaire sur “Sur le rôle et le fonctionnement des agences de notation”

Jean Pierre Chevrier18 janvier 2012 à 9 h 47 min

Si vous vous renvoyez sans arrêt la balle entre l’union Européenne et vous, nous n’avons pas fini de vivre des drames de déclassement dans nos entreprises.
Le temps que les limaces de Bruxelles se remuent, les chars d’ assaut des agences Américaines attaquent la zone Euro.Cela rappelle un peu 1940 sauf que l’attaque vient de l’ouest ce coup ci.
En attendant celui qui avait présenté le triple A de la France comme un « trésor » c’est bien Sarkozy.
Alors l’arroseur arrosé cela donne le droit à François Hollande d’en sourire (comme moi d’ailleurs).
Et je pense que le meilleur moyen que cela aille mieux c’est de se débarasser de l’ empireur.

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